— ee le sport avant tout Jean Jarry Paul Rod Gilbert entend bien vivre avant de “mourir’’ Y a-t-il une facon plus ridicule de débuter un bil- let sportif qu’en écrivant: Connaissez-vous Rod Gilbert? Si je me permets cette fantaisie c’est que pour moi Rod Gilbert est non seulement un ami (avec lequel.je peux prendre -certaines libertés amicales) mais égale- ment un gars qui ale sens de I’humour, un gars qui sait jouir de /a vie. Autrement dit, un gars qui une fois sur la glace prend son r6le au sérieux,... et qui en dehors de la pati- noire “méne sa vie’! Et Id, je vous promets de ne plus me servir dans ce billet du mot “gars”! Pour revenir 4 notre gar..con, je vous dirai qu’‘il n’y en a pas deux comme lui. D’accord, comme ailier droit Rod a encore du chemin a parcourir avant de re- joindre Maurice Richard et Gordie Howe. Je parle de Statistiques, de chiffres, quoi! Mais Rodrigue Gabriel Gilbert natif de Montréal, ne doit pas étre jugé seulement par son record qui est pourtant trés édifiant dans la L.N.H.. Je crois, ou du moins j‘ose croire, que tous les ama- teurs de hockey en Amérique du Nord (et en Europe) réalisent que Rodrigue a connu des heures d‘angoisse alors gqu’é deux occasions i! subit des opérations a I’épine dor- sale: des opérations qui auraient du mettre au rancart tout hockeyeur, Mais pas Rod! C’est que Sieur Gilbert est d’une race 4 part... pas un personnage (je n’ai pas écrit gars) qui se laisse abattre facilement. Donc il est revenu a la charge plus fort que jamais. Et comment! Je vais ici ouvrir une parenthése afin de vous con- firmer que je sais ce dont je parle... et aussi pour vous faire mieux cannaitre Rodrigue Gilbert: “Le médecin qui a opéré Rod Gilbert a l’hopital St2-Marie, 4 New York, est un Japonais. Le méme qui a fait la “fusion” sur Jean Ratelle. Et il m‘a dit plus. tard: “Je peux, du moins selon certaines personnes, a.:- complir des miracles. Ce qui n’est pas vrai. Savez-vou: que ne n’ai jamais rencontré des athlétes plus courageux que Rod Gilbert et Jean Ratelle. “They have more guts than anyone I’ve ever met’! A noter que Jean Ratelle et Gilbert sont compagnons de ligne depuis leur jours juniors! Pour revenir 4 Gilbert il m‘a fait rire récemment alors que les Rangers s‘apprétaient a affronter les Maple Leafs, 4 Toronto. Agé de 31 ans Rodrigue est toujours un célibataire... et quel célibataire! “J-P tu me connais. Je ne suis pas un “rourail- leur”, loin de la! Mais dans le moment je me considére “libre”, et en fait je le suis et jentends bien en profiter. Dailleurs je ne I’ai jamais caché 4 personne: J’ai- me la vie et je veux Ja vivre,... avant de mourir! “C'est oourquoi méme si je suis &gé de 31 ans je ne contemple pas encore le mariage. Au fait je ne crois pas que je vais prendre épouse tant que je jouerai au hockey...et j‘espére tenir le coup durant trois ou quatre saisons! ”. Durant fa saison de hockey Rod Gilbert demeure @ Manhattan, tout prés du Madison Square Garden de New York. Va sans le dire, Gilbert est une figure popu- laire dans les parages du Garden alors qu’‘il fréquente des endroits favoris tels que restaurants, clubs de nuit, etc... “Je ne m’en cache pas: je suis garcon et je méne une vie de garcon tout en m’assurant que cela ne nuira pas a ma carriére de joueur de hockey”, dit-il. Si Gilbert aime bien-vivre 4 New York il préfére cependant /a vie montréalaise. “Une raison majeure est ue le coidt de la vie est beaucoup trop élevé 4 New ork et aux Etats-Unis. Puis je suis de Montréal et je reviendrai m’y établir définitivement une fois que j‘aurai iaccroché mes patins! “. _ Rod Gilbert a connu bien des émotions au hockey mats ce qui l’a probablement Je plus satistait c’est d’a- voir participé a la série Canada-Russie et de voir l’équi- pe? canadienne remonter la pente pour ravir les honneurs de la série. Maintenant Gilbert a une autre ambition... soit de conduire les Rangers a la conquéte de la Coupe Stanley. POTINS ET RUMEURS de Jean-Paul Jari... @ HENRI RICHARD ne sait vraiment plus quoi pen- ser. Depuis trois semaines il joue le meilleur hockey de la saison - - et souvent est le meilleur joueur du Cana- dien - - et pourtant il lui est impossible de déjouer les cerbéres adverses. “Quand un gardien ne me “vole” pas avec un ar- rét quasi impossible... c’est moi-méme qui rate un filet ouvert. Je n’en suis pas encore au point de me découra- ger mais j’ai bien hate de “briser la glace’’!.. Ca viendra Henri, ca viendra! @ JOECROZIER, le pilote des Sabres de Buffalo n’a que la plus grande admiration pour son gérant-général Punch Imlach. “Selon moi Imlach est un des plus grands adminis- trateurs dans l’histoire du hockey. J’en sais quelque chose puisque je suis associé avec lui depuis 21 ans, soit 4 Québec, 4 Toronto et maintenant 4 Buffalo. Nul dou- te que Punch est critiqué a l’occasion mais régle générale ses critiques n. sont généralement que des jaloux. “Par exemple regarder le travail qu’Imlach a ac- compli avec les Sabres: un club qui en est qu’a sa troi- siéme année d’existence et qui rivalise déja avec des puis- sances comme le Canadien, Boston et New York. C’est presqu’un miracle! ”’. -@ Cest le 6 janvier prochain, au Colisée de Québec qu’aura lieu la premiére joute d’Etoiles de l’Association Mondiale de Hockey. Et parmi les quatre premiers joueurs 4 étre élus sur les équipes de "Est et de l'Ouest on retrouve trois noms trés familiers aux amateurs de hockey: JEAN-CLAUDE TREMBLAY, des Nordiques de Québec, GERRY CHEEVERS, du Cleveland et BOB- BY HULL de Winnipeg. L’autre joueur est le jeune RON WARD de New York. Nous connaitrons d’ici peu les autres joueurs qui seront choisis sur les équipes respectives. A noter que le match sera disputé dans l’aprés-midi (4 2 hrs. 30) et sera présenté sur le petit écran de Radio-Canada d’un bout 4 l’autre du pays dans les deux langues officielles. @ JACQUES PLANTE s’y connait toujours dans le métier de gardien de buts... mais 4 43 ans il n’a plus la résistance des années passées. Et je crois également qu'il n’a plus les mémes réflexes. J’espére qu'il se. retirera avant d’étre sérieusement blessé car il me peinerait beau- coup de voir celui que je considére comme ayant été le plus grand cerbére de Whistoire... terminer ses jours a Phopital! @ Pour un gars qui n’a participé qu’d un tiers des matches de son équipe BOBBY HULL se tire fort bien d’affaires... ayant déja 18 buts a son actif. Si Hull avait participé aux 38 matches de son équipe (au moment _d’écrire ces lignes) il aurait fort probablement une fiche de 40 buts et plus! @® Lami CAROL VADNAIS a récemment connu des ennuis avec un spectateur a Philadelphie: et ce dernier a par la suite accusé Vadnais de l’avoir frappé avec un baton. Il ne taut pas y croire car Vadnais n-a pas besoin d’un baton pour rosser un amateur “énervé”. Je suis d’accord qu’un spectateur, dans n’importe- quel sport, a certains droits quand il assiste 4 un événe- ment quelconque: il peut hurler, enguirlander (sans étre trop vulgaire par respect pour les gens qui l’entourent). se défouler quoi! Mais le prix de son billet ne lui per- met définitivement pas de chercher noise 4 un athlete... pour aucune considération! @ A.VANCOUVER bien des amateurs de hockey se demandent ce qui ne va pas avec les Canucks de la Ligue Nationale. Et a vrai dire c’est une sorte de petit mystere. Pour sir les Canucks n’ont rien d'un club de cham- pion... mais par contre ils poss¢dent une meilleure ¢qui- pe que lindique leur record a date. Ce qui sapplique également pour Toronto et Détroit, certes - - mais les sportifs de Vancouver n’y voient la aucune consolation! @ il était un temps. quand le hockey ctait micux “balancé” qu'un comptcur de 20 buts était conside re comme une super-vedette. Ce qui nest plus le cas aujourdhui. Soulignons quaprés une trentaine de parties cette saison au moins quatre joueurs de la L.N.H. avaient deja ‘franchi le cap des vingt buts et plusieurs autres joucurs étaient “a la veille” d’y arriver. Dans Association Mon- diale de Hockey cing joucurs avaient déja réussi Pex ploit.. dont deux hockeycurs “frisant™ les 30 buts! La morale de lhistoire? “On n’a plus Ie hockey qu’on avait... et les Russes nous l’ont prouve! ~ @ “ila complété sa saison et devrait prendre congeé jusqu’en septembre prochain! “. C'est ainsi que s’expri- mait un loustic aprés que GENE CARR, des Rangers de New York y allait du true du chapeau (3 buts) pour con- duire les newyorkais a un gain de 9-1 sur les Pingouins de Pittsburgh. Pourquoi cette remarque? — Paree que dans les 32 matches précédents Carr avait reéussi que trois buts ct voila quil en récolte trois dans une meme partie. Capich? TE SOLEIL, 5 JANVIER 1972, XV